La maire de Casablanca, Nabila Rmili, a justifié sa démission de la présidence du groupement des collectivités territoriales « Casablanca-Settat Distribution » par des raisons juridiques, après son élection à la Chambre des représentants. Dans le même temps, la session ordinaire d’octobre du Conseil communal a été marquée par une polémique autour du lancement de la « police de la propreté », révélatrice de tensions entre élus sur la conduite des projets municipaux et la répartition des responsabilités. Les détails.
Lors de la session d’octobre du Conseil communal de Casablanca tenue jeudi 22 octobre, Nabila Rmili est revenue sur les motifs de son départ de la présidence du groupement territorial chargé de la distribution. Elle a expliqué que cette décision découlait d’une modification législative adoptée peu avant les élections législatives de 2026. Le cumul de ses fonctions de maire de Casablanca et de présidente du groupement « Casablanca-Settat Distribution » la plaçait, selon elle, dans une situation d’incompatibilité, d’autant qu’elle occupe désormais un siège à la Chambre des représentants, obtenu sur la liste régionale du Rassemblement national des indépendants (RNI).
« Certaines situations nécessitaient que nous tranchions, et il était indispensable de prendre la décision appropriée au bon moment, avant qu’il ne soit trop tard », a-t-elle déclaré.
La maire a choisi de renoncer à la présidence du groupement tout en conservant son mandat parlementaire, afin de porter les dossiers de la capitale économique devant l’institution législative. Le transfert de la présidence du groupement est prévu la semaine suivante, a-t-elle précisé, tout en réaffirmant son intention de rester à la tête du Conseil communal de Casablanca.
Pour Nabila Rmili, son expérience sur le terrain a mis en évidence les limites d’une gestion exclusivement locale des problèmes de la ville. Compte tenu du poids urbain et économique de Casablanca et des défis auxquels elle est confrontée au quotidien, elle estime nécessaire de défendre ses intérêts également à l’échelle nationale.
« Cette expérience parlementaire constituera le prolongement de notre engagement au service de la ville de Casablanca et permettra de porter ses dossiers à l’échelle nationale, compte tenu des projets et des chantiers en cours, qui sont au cœur de nos préoccupations aujourd’hui », a-t-elle affirmé.
La maire a également insisté sur les enseignements tirés de son mandat municipal. La gestion quotidienne d’une ville de l’envergure de Casablanca exige, selon elle, de l’écoute, de la patience, un travail collectif et une capacité à prendre des décisions. Elle a réitéré que la confiance constituait le moteur de son action, avant d’exprimer sa reconnaissance aux habitants de la ville, dont les échanges quotidiens lui ont permis, a-t-elle souligné, de mieux comprendre le sens de la responsabilité publique.
La « police de la propreté » au cœur d’une polémique municipale
Mais cette session d’octobre a également été marquée par un autre épisode de tension au sein du Conseil communal. Il s’agit de la controverse autour du projet de « police de la propreté ». L’annonce par Nabila Rmili de son entrée en vigueur a provoqué la colère de Moulay Ahmed Afilal, son adjoint chargé du secteur de la propreté, qui conteste la manière dont le projet a été présenté.
Au cours de la deuxième séance de la session ordinaire, tenue jeudi 22 octobre 2026, la maire a remercié Nafissa Ramhane, sa vice-présidente chargée de l’hygiène, pour les efforts déployés dans le lancement du dispositif. Ces remerciements ont suscité le mécontentement d’Ahmed Afilal, qui a quitté la salle en signe de protestation.
Dans une déclaration à la presse, l’élu a critiqué la présentation du projet comme une réalisation de Nafissa Ramhane. Il affirme que la « police de la propreté » figurait parmi les initiatives qu’il avait soumises au bureau du Conseil communal et qu’il avait personnellement supervisé sa préparation et sa mise en œuvre.
Selon lui, l’élaboration du dispositif a nécessité un travail continu tout au long du mandat, avec des réunions régulières réunissant les différentes parties concernées afin de préparer son déploiement sur le terrain.
« Le projet n’est pas né d’un instant ni d’une décision prise dans l’urgence, mais constitue le fruit d’un processus complexe de coordination visant à mettre en place un dispositif de terrain chargé de veiller au respect des règles de propreté et de limiter les infractions dans la capitale économique », a-t-il déclaré.
Le dispositif doit intervenir dans les 16 arrondissements de Casablanca, avec pour objectif de dissuader les contrevenants et de renforcer le respect des règles de propreté. Ahmed Afilal a précisé que les contrôles porteraient une attention particulière aux principaux producteurs de déchets, afin de garantir une surveillance effective et de responsabiliser chacun dans la protection de l’espace public.
Ces deux dossiers, abordés lors de la session d’octobre, concernent des enjeux distincts : d’un côté, les conséquences juridiques de l’élection de Nabila Rmili au Parlement et son choix de maintenir son mandat municipal ; de l’autre, les désaccords sur la conduite et la valorisation des projets de la commune. Ils témoignent des multiples responsabilités auxquelles la maire est confrontée, entre représentation de Casablanca à l’échelle nationale, gestion locale et coordination des élus autour des chantiers municipaux.
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Source : Hespress
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