À l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la 12e législature, le roi Mohammed VI a appelé, vendredi, au Parlement, au lancement d’une nouvelle génération de grandes stratégies et à l’accélération des réformes engagées par le Royaume. Pour le politologue Abbas El Ouardi, cette intervention s’inscrit dans une vision qui articule continuité institutionnelle, souveraineté nationale, développement territorial et mobilisation des acteurs économiques.
Accompagné du prince héritier Moulay El Hassan, du prince Moulay Rachid et du prince Moulay Ahmed, le souverain a adressé un discours aux représentants de la nation, dans lequel il a notamment insisté sur les responsabilités des institutions et la nécessité de répondre aux attentes des citoyens. Une intervention que le politologue Abbas El Ouardi analyse comme un rappel des fondements de l’appartenance nationale et du rôle de la monarchie dans la conduite des politiques publiques.
« Cette position, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative, constitue tout d’abord le rappel à l’ordre par Sa Majesté le Roi Mohammed VI par rapport à l’appartenance, bien sûr, à la nation. C’est bien ce qu’on appelle le sentiment d’appartenance qui a été déclaré avec toute fierté par Sa Majesté en 2014 pour rappeler que la le sentiment d’appartenance fait partie de la citoyenneté », estime-t-il.
La monarchie, garante de la continuité des politiques publiques
Dans son analyse, El Ouardi replace le discours royal dans la trajectoire historique du Maroc. Il souligne que le développement du pays doit être appréhendé à travers ses dimensions économiques et sociales, mais également au regard de l’histoire de la monarchie et de la continuité institutionnelle qu’elle incarne.
Le souverain rappelle ainsi, selon l’analyste, le rôle de la monarchie dans l’accompagnement des transformations du Royaume et la poursuite des projets engagés. Cette continuité doit permettre d’intégrer de nouveaux enjeux, notamment ceux liés aux technologies, au développement énergétique et à l’intelligence artificielle.
Au-delà de cette perspective, le discours royal comporte, selon El Ouardi, un appel à renforcer la souveraineté du pays et à doter les pouvoirs publics des moyens nécessaires pour répondre aux besoins des citoyens. Il insiste notamment sur les enjeux de souveraineté énergétique et sur la nécessité d’adapter les politiques publiques aux attentes de la population.
Cette orientation implique, à ses yeux, une mobilisation des institutions et des acteurs appelés à mettre en œuvre les stratégies nationales, mais aussi une capacité à élargir les chantiers engagés en fonction des besoins exprimés par la société.
Décentralisation et régionalisation au cœur des réformes
La question de la gouvernance territoriale occupe également une place importante dans l’interprétation proposée par El Ouardi. L’analyste souligne que la poursuite du développement national passe par un renforcement des compétences accordées aux régions et par une meilleure articulation entre les administrations centrale, déconcentrée et décentralisée.
Il évoque notamment la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de la charte de la déconcentration de 2018 et de consolider le principe de subsidiarité. L’objectif est d’assurer une complémentarité plus efficace entre les différents niveaux de l’administration et de donner davantage de portée à la régionalisation avancée.
Pour Abbas El Ouardi, le développement du Maroc ne peut reposer uniquement sur les orientations définies au niveau central. Il suppose également que les compétences et les moyens nécessaires soient mobilisés au niveau territorial, afin de rapprocher l’action publique des citoyens et de mieux répondre à leurs attentes.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de coordination entre les institutions, mais aussi de répartition des responsabilités entre les différents intervenants. La mise en œuvre des réformes exige, dans cette perspective, que les orientations annoncées se traduisent par des actions concrètes à l’échelle des territoires.
Le secteur privé appelé à accompagner la dynamique économique
L’analyste insiste également sur le rôle du secteur privé dans la poursuite de la transformation économique du Royaume. Les acquis accumulés par le Maroc en matière de développement doivent, selon lui, s’accompagner d’efforts supplémentaires de la part de l’ensemble des partenaires, et plus particulièrement des entreprises.
« Ce cumul d’expérience, de développement que connaît notre pays devrait être accompagné par un ensemble d’efforts à déployer par tous les partenaires et surtout le secteur privé », souligne El Ouardi.
Il estime que les entreprises doivent contribuer à cette dynamique par leurs compétences, leurs capacités de financement et leur savoir-faire. Leur participation apparaît ainsi comme un levier important pour accompagner les stratégies nationales et favoriser la réalisation des objectifs fixés.
La question de l’emploi des jeunes constitue un autre volet de cette mobilisation. Abbas El Ouardi met en avant la nécessité de promouvoir l’emploi et d’apporter des réponses aux besoins de cette catégorie de la population. Il rattache cet impératif à la responsabilité de l’ensemble des intervenants, appelés à conjuguer leurs efforts pour concrétiser les orientations nationales.
Les stratégies de développement doivent, dans cette optique, être suffisamment larges pour couvrir les différents chantiers ouverts, tout en tenant compte des attentes actuelles et futures des citoyens.
Les relations internationales à l’épreuve de la réciprocité
El Ouardi inscrit également le discours royal dans un contexte international marqué par la confiance accordée au Maroc par ses partenaires. Il évoque notamment l’Espagne, dont la relation avec le Royaume s’inscrit, selon lui, dans un cadre qui appelle à la réciprocité et à la clarté.
L’analyste souligne que les relations avec les partenaires étrangers doivent permettre d’aborder les difficultés existantes dans un esprit de compréhension mutuelle, sans perdre de vue les intérêts du Maroc. Il rattache cette approche à la volonté du souverain de défendre une politique nationale définie par le Royaume lui-même.
La question migratoire figure parmi les dossiers concernés. El Ouardi évoque les difficultés liées aux flux migratoires et la nécessité de tenir compte des réalités auxquelles le Maroc est confronté dans la gestion de ce phénomène.
Il insiste sur la nécessité de préserver la capacité du Royaume à définir sa propre approche, tout en la soumettant à la discussion avec ses partenaires internationaux. Selon lui, cette démarche doit permettre de favoriser une coopération autour des enjeux migratoires et des difficultés associées à la migration clandestine.
Une responsabilité nationale et morale des parlementaires
Enfin, Abbas El Ouardi revient sur la responsabilité des représentants de la nation. Il estime que le discours royal rappelle aux parlementaires, femmes et hommes, ainsi qu’aux jeunes, l’importance de leurs engagements envers le pays et les citoyens.
Cette responsabilité est à la fois politique et morale, selon l’analyste, qui insiste sur la nécessité de respecter le pacte liant les élus à la population. L’action des représentants doit ainsi être orientée vers la réalisation des objectifs attendus par le Maroc et ses citoyens, sur l’ensemble du territoire national.
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Source : Hespress
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