mardi 3 novembre 2026
Revue de presse

Sahara : trois options se dessinent au CS pour l’avenir de la MINURSO

Le Conseil de sécurité doit trancher ce mois-ci sur le renouvellement du mandat de la MINURSO, qui expire le 31 octobre. Selon le dernier Monthly Forecast du Security Council Report,…

CasablancaVeille Infos Casa8 min de lecture
Sahara : trois options se dessinent au CS pour l’avenir de la MINURSO

Le Conseil de sécurité doit trancher ce mois-ci sur le renouvellement du mandat de la MINURSO, qui expire le 31 octobre. Selon le dernier Monthly Forecast du Security Council Report, trois scénarios sont envisagés dans un contexte marqué par l’absence de progrès dans les négociations politiques et par l’incertitude autour de la revue stratégique de la mission demandée par la résolution 2797.

Le premier scénario consiste à reconduire le mandat actuel de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour une année supplémentaire, sans modification de ses tâches.

Le deuxième serait de limiter ce renouvellement à une période plus courte, notamment six mois, afin de permettre au Conseil de réexaminer le dossier à brève échéance.

Un troisième scénario prendrait la forme d’une déclaration présidentielle à l’issue des consultations, destinée à soutenir les efforts diplomatiques et à pousser les parties à reprendre les négociations.

Un mandat à renouveler avant le 31 octobre

Le dossier arrive à un moment particulièrement sensible. La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, avait prolongé d’un an le mandat de la MINURSO et demandé au secrétaire général de présenter une revue stratégique sur l’avenir de la mission, en tenant compte des résultats des négociations entre les parties.

Cette revue devait notamment permettre d’évaluer les tâches et la configuration futures de la MINURSO. Mais le Monthly Forecast relève que l’absence de progrès dans les discussions rend son achèvement et sa mise en œuvre incertains.

Le Conseil se retrouve donc face à un problème de calendrier : décider du renouvellement de la mission alors que l’exercice censé contribuer à définir son avenir n’est toujours pas finalisé.

Premier scénario : reconduire la mission sans changement

Le scénario privilégié par le rapport consiste à prolonger le mandat de la MINURSO pour douze mois, sans modifier ses fonctions actuelles.

Cette formule permettrait de maintenir le dispositif existant et de donner davantage de temps au processus politique avant de procéder à une éventuelle révision des missions et de la configuration de la MINURSO.

Le Monthly Forecast présente cette option comme une manière de ne pas précipiter une transformation de la mission alors que les négociations n’ont pas suffisamment avancé pour fournir les éléments nécessaires à une décision stratégique.

Deuxième scénario : un renouvellement limité à six mois

Le Conseil pourrait aussi opter pour une prolongation plus courte, de l’ordre de six mois.
Cette hypothèse permettrait aux membres du Conseil de revenir plus rapidement sur le dossier et d’évaluer si les négociations ont suffisamment progressé pour alimenter la revue stratégique et déterminer d’éventuels ajustements du mandat de la MINURSO.

Ce scénario traduit surtout l’incertitude qui entoure aujourd’hui le calendrier politique. Il offrirait au Conseil une nouvelle échéance rapprochée, plutôt que de reconduire automatiquement la mission pour une année entière.

Troisième scénario : une déclaration politique après les consultations

Le troisième scénario évoqué ne porte pas directement sur la durée du mandat. Il consisterait, après les consultations d’octobre, à adopter une déclaration du Conseil soutenant les efforts diplomatiques menés par Staffan de Mistura et les États-Unis.

Le texte pourrait appeler les parties concernées à reprendre les négociations, à s’y engager de manière constructive et à faire preuve de flexibilité afin de sortir de l’impasse actuelle et d’avancer vers une solution politique.

Le rapport souligne ainsi que la question de la MINURSO ne peut être dissociée de celle du processus politique. Le maintien de la mission constitue une décision immédiate, mais le débat de fond reste celui des conditions nécessaires à un règlement durable du conflit.

Le contexte diplomatique explique largement cette prudence.
En février 2026, des délégations ministérielles du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Front Polisario avaient participé à des discussions à Madrid, organisées avec l’implication américaine et de Staffan de Mistura. Une nouvelle série de discussions avait ensuite eu lieu à Washington les 23 et 24 février.

Selon le document, ces rencontres n’ont toutefois pas permis de réduire les divergences entre les parties, en ce sens que le Maroc continue de défendre une solution fondée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que le Front polisario maintient son exigence d’une solution garantissant, selon sa position, le droit à l’autodétermination.

Le blocage du processus politique complique donc directement l’exercice demandé par la résolution 2797 sur l’avenir de la MINURSO.

Une revue stratégique encore inachevée

Le Conseil avait déjà reçu une première mise à jour sur cette revue lors de consultations à huis clos le 23 avril 2026.
À cette occasion, Asif Khan, directeur de la division des politiques et de la médiation au sein du Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix de l’ONU, avait présenté un point d’étape. Le rapport précise que cette présentation semblait correspondre à une mise à jour intermédiaire, la revue n’étant pas encore achevée.

Elle devait notamment examiner de possibles adaptations des tâches et des priorités de la MINURSO dans l’hypothèse d’un accord politique.

Une situation sécuritaire toujours tendue

Le débat sur l’avenir de la mission intervient également dans un contexte marqué par la persistance d’une tension sur le terrain.

Le Monthly Forecast décrit des hostilités qui se poursuivent à un niveau faible à moyen, sans déboucher sur une confrontation militaire de grande ampleur. Le rapport estime cependant que l’absence de progrès politique continue de nourrir l’instabilité et le risque d’une nouvelle escalade.

Cette situation constitue un autre argument en faveur d’une certaine prudence dans les discussions sur l’avenir de la mission onusienne.

Le rapport relève enfin des différences persistantes entre les membres du Conseil de sécurité sur la question du Sahara.

Les États-Unis, qui sont le penholder du dossier au Conseil, maintiennent leur reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara annoncée en décembre 2020. L’administration américaine actuelle considère également l’initiative marocaine d’autonomie comme la seule base d’une solution juste et durable.

La France défend elle aussi l’autonomie marocaine comme « la seule base » d’un règlement politique, tandis que le Royaume-Uni la considère comme « la base la plus crédible, viable et pragmatique » pour une solution durable.

Le Danemark qualifie pour sa part le plan marocain de « bonne base » pour un accord entre les parties, alors que la Grèce le considère comme une approche « sérieuse et crédible ».
Parmi les autres membres élus du Conseil, Bahreïn, la République démocratique du Congo et le Liberia soutiennent la souveraineté marocaine sur le Sahara et disposent de consulats dans le territoire. Le document relève en revanche que la Lettonie ne soutient pas la souveraineté marocaine, tandis que le Pakistan continue de mettre l’accent sur le principe d’autodétermination et s’était abstenu lors du vote sur la résolution 2797.

Octobre, mois décisif pour la MINURSO

Avec l’échéance du 31 octobre, le Conseil de sécurité devra donc arbitrer entre maintien du mandat actuel, renouvellement plus court ou accompagnement politique sous forme de déclaration.

Le véritable enjeu, selon le Security Council Report, dépasse cependant la seule durée de la mission. Il porte sur la manière de préserver l’espace diplomatique nécessaire à une solution politique tout en répondant aux contraintes opérationnelles auxquelles la MINURSO demeure confrontée.

Pour New York, la question est désormais de savoir si le Conseil choisira de gagner du temps avec une prorogation d’un an, de maintenir une pression politique avec une échéance de six mois, ou de renforcer le message diplomatique adressé aux parties au moment où le processus reste bloqué.

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Source : Hespress

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Par Veille Infos Casa

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