mardi 3 novembre 2026
Revue de presse

Bourse : les bénéfices ne suffisent plus à soutenir le MASI

Les résultats semestriels des sociétés cotées n’ont pas permis d’enrayer le repli de la Bourse de Casablanca. Alors que la progression des bénéfices ralentit par rapport aux performances enregistrées ces…

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Bourse : les bénéfices ne suffisent plus à soutenir le MASI

Les résultats semestriels des sociétés cotées n’ont pas permis d’enrayer le repli de la Bourse de Casablanca. Alors que la progression des bénéfices ralentit par rapport aux performances enregistrées ces dernières années, les investisseurs accordent davantage de poids aux risques macrofinanciers, à l’évolution des taux d’intérêt et aux incertitudes liées au choc énergétique. La perspective d’un redressement du marché au quatrième trimestre 2026 apparaît ainsi compromise.

La publication des comptes semestriels n’a pas produit l’effet de soutien attendu sur le marché actions. Le MASI, principal indice de la Bourse de Casablanca, a poursuivi sa baisse au fil des annonces des entreprises, illustrant le décalage croissant entre l’évolution des résultats financiers et les anticipations des investisseurs.

Au 6 octobre 2026, l’indice s’établissait à 16.893 points, en recul de 10,4% depuis le début de l’année. Il avait pourtant démarré 2026 sur une progression de 3,8%, à 19.555 points le 6 janvier, avant de connaître une correction qui l’avait conduit à 16.399 points le 3 mars, soit une baisse de 13% depuis le début de l’année à cette date. La trajectoire observée pendant la période de publication des résultats semestriels confirme la difficulté du marché à retrouver un soutien durable.

Ce constat ressort de l’étude « Semestriel 2026 – Résultats des sociétés cotées », publiée en octobre par Attijari Global Research. L’analyse met en évidence trois facteurs qui pèsent simultanément sur les perspectives boursières : des attentes de croissance bénéficiaire plus élevées, un positionnement moins favorable des investisseurs institutionnels sur les actions et le regain d’incertitude provoqué par le choc énergétique.

Une croissance bénéficiaire jugée insuffisante

Le premier facteur tient à l’évolution des bénéfices. Après avoir enregistré des progressions de l’ordre de 15% entre 2022 et 2025, les sociétés cotées affichent, au premier semestre 2026, une croissance bénéficiaire de 6%, hors secteur minier. Une évolution positive en valeur absolue, mais qui pourrait décevoir des investisseurs désormais habitués à des rythmes de progression plus soutenus.

Cette comparaison éclaire une partie de la réaction du marché. La progression des bénéfices ne suffit pas nécessairement à soutenir les cours lorsque les anticipations initiales sont plus ambitieuses. Autrement dit, les entreprises peuvent continuer à améliorer leurs performances sans que cette évolution se traduise automatiquement par une hausse des valorisations boursières.

Le marché semble ainsi évoluer dans un environnement où la seule lecture des comptes semestriels ne permet plus d’expliquer les mouvements de l’indice. Attijari Global Research relève à cet égard que les investisseurs paraissent reléguer les résultats des sociétés cotées au second plan, au profit d’une appréciation plus large des conditions macrofinancières.

Les placements à revenu fixe concurrencent les actions

Le deuxième facteur concerne le comportement des investisseurs institutionnels. Dans un environnement marqué par la hausse des taux, ces acteurs semblent privilégier davantage les placements alternatifs à rendement fixe, au détriment des actions.

Cette évolution peut réduire le soutien apporté au marché par les investisseurs disposant habituellement de capacités importantes de placement. Or, en l’absence d’une demande institutionnelle suffisamment solide, les mouvements de correction risquent de produire des effets plus marqués sur les cours.

La question dépasse donc les résultats des entreprises. Même lorsque les publications demeurent positives, la Bourse doit composer avec l’attractivité relative des autres catégories de placement. Si les rendements proposés par les instruments à revenu fixe deviennent plus compétitifs, les actions doivent offrir des perspectives suffisamment convaincantes pour conserver leur attrait.

Le choc énergétique, principal facteur d’incertitude

Le troisième facteur identifié par l’étude est la persistance du choc énergétique. Ses conséquences potentielles alimentent plusieurs risques susceptibles de peser sur les perspectives du marché casablancais.

Le premier concerne un éventuel retour de l’inflation et ses répercussions négatives sur les sociétés cotées. Une hausse des pressions inflationnistes pourrait affecter leurs conditions d’exploitation et fragiliser les anticipations relatives à leurs résultats. Le deuxième risque tient à une nouvelle hausse des taux d’intérêt, qui renforcerait la concurrence exercée par les placements à revenu fixe sur les actions.

Le troisième scénario évoqué porte sur une nouvelle révision à la baisse des prévisions de croissance économique par Bank Al-Maghrib. Une telle évolution modifierait les anticipations des investisseurs quant à l’environnement dans lequel les entreprises marocaines seront amenées à évoluer.

Ces trois risques sont étroitement liés. La matérialisation de tensions énergétiques persistantes pourrait alimenter les pressions inflationnistes, influencer les conditions monétaires et, par conséquent, peser sur les perspectives de croissance. Pour le marché actions, l’enjeu consiste donc autant à apprécier les résultats des entreprises qu’à anticiper l’évolution de ces variables.

Un quatrième trimestre sous pression

Au regard de ces éléments, Attijari Global Research estime que les résultats des sociétés cotées en 2026 paraissent insuffisants pour déclencher une reprise solide du MASI au quatrième trimestre. La trajectoire de l’indice dépendrait principalement de l’ampleur du choc énergétique et de ses conséquences sur l’environnement économique et financier.

Cette perspective ne signifie toutefois pas que les opportunités d’investissement disparaissent. L’étude recommande plutôt une approche plus sélective en Bourse, associée à un horizon de placement supérieur à deux ans. Cette orientation repose sur des perspectives jugées positives à long terme, malgré les difficultés susceptibles de caractériser les prochains mois.

Pour les investisseurs, le changement de lecture est significatif : la progression des bénéfices ne constitue plus, à elle seule, une garantie de performance boursière. La capacité des entreprises à préserver leurs résultats, l’évolution des taux et la trajectoire du choc énergétique devraient peser davantage dans les décisions d’allocation.

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Source : Hespress

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Par Veille Infos Casa

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