Nommée ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification vendredi 16 octobre, Madiha Khayr a été déchargée de ses fonctions dimanche 18 octobre, à la demande de la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri. Cette décision intervient dans un contexte de polémique autour d’un certificat médico-légal daté de 2004, diffusé sur les réseaux sociaux peu après sa nomination, et de la résurgence d’un article de presse évoquant une affaire de faux, d’usage de faux et d’escroquerie.
Dans un communiqué publié ce dimanche, le Cabinet Royal indique que le Roi Mohammed VI a accepté la demande de Fatima Ezzahra El Mansouri de mettre fin aux fonctions de Madiha Khayr au sein du gouvernement, conformément à l’article 47 de la Constitution. Le texte ne précise pas les motifs de cette décision.
La polémique avait éclaté dans les heures suivant l’annonce de sa nomination, le 16 octobre, avec la circulation sur les réseaux sociaux d’un document présenté comme un certificat médico-légal, daté du 12 juin 2004. En parallèle, un article publié par un quotidien marocain en août de la même année, faisant état de poursuites pour faux, usage de faux, escroquerie et usurpation de fonction, a refait surface.
Attribué à un médecin spécialiste en psychiatrie et en médecine légale, le certificat décrit l’état de santé de Madiha Khayr tel qu’il aurait été évalué à l’époque. Le médecin indique qu’elle était suivie depuis mars 2002 pour « des troubles névrotiques caractérisés par des manifestations anxieuses et dépressives, ainsi que par des troubles du comportement et de l’humeur ».
Le document fait également état d’une « immaturité psychique et affective et d’une fragilité psychologique » que le praticien décrit comme « structurelle ». Selon le certificat, « cette vulnérabilité se traduisait notamment par une difficulté à faire face aux frustrations et aux situations de stress, susceptibles de provoquer des réactions impulsives et des comportements préjudiciables à ses propres intérêts ».

Le médecin mentionne par ailleurs deux tentatives de suicide, qu’il qualifie de « très graves ». Celles-ci auraient nécessité une prise en charge en réanimation à l’hôpital militaire Mohammed V de Rabat, en février 2002, puis dans une clinique à Béni Mellal, en mai 2003.
Dans ses conclusions, le praticien estime que la responsabilité de l’intéressée devait être considérée comme « très atténuée », pour une durée qu’il ne précise pas. Ces appréciations figurent dans un document daté de 2004, dont l’authenticité, le contexte médical et les conditions de diffusion restent à examiner.
Une affaire judiciaire rapportée en 2004
Parallèlement à la diffusion du certificat, un article publié le 19 août 2004 par un quotidien marocain a attiré l’attention sur une affaire judiciaire impliquant une femme prénommée Madiha. Selon le récit publié à l’époque, une femme de 29 ans, employée dans une coopérative agricole à Béni Mellal, avait été déférée devant le tribunal de première instance de Fquih Ben Salah.
Elle était soupçonnée d’avoir utilisé les documents d’une médecin exerçant à l’hôpital Moulay-Ismaïl, à Kasba Tadla, pour ouvrir un compte bancaire et obtenir un chéquier. L’article faisait état de l’émission de 19 chèques sans provision, utilisés dans plusieurs villes marocaines, notamment Casablanca, Rabat, Khouribga, Oued Zem et El Kelaa des Sraghna. Les victimes mentionnées étaient des bijoutiers.
La publication ne mentionne toutefois pas le nom de famille de la femme concernée et ne précise pas l’issue de la procédure judiciaire. La concomitance entre la délivrance du certificat et cette affaire judiciaire a néanmoins suscité de nombreuses interrogations.
Un parcours politique et professionnel interrompu
Avant son entrée au gouvernement, Madiha Khayr avait été élue députée de la circonscription de Béni Mellal sous les couleurs du Parti de l’Istiqlal. Le 8 octobre, elle avait été désignée à la présidence du groupe parlementaire istiqlalien à la Chambre des représentants, une responsabilité qu’elle a quittée après sa nomination ministérielle.
Son parcours professionnel comprend notamment des fonctions à l’Office national des aéroports (ONDA), ainsi que le poste de secrétaire générale de l’Académie Mohammed VI internationale de l’aviation civile.
Le Parti de l’Istiqlal a également réagi à la polémique autour du certificat médical. Dans une déclaration rapportée par la presse le 17 octobre, une source du parti a contesté la fiabilité des informations diffusées et appelé à la prudence, en invoquant notamment le respect de la vie privée. Elle a également rappelé le parcours de Madiha Khayr et souligné que les candidatures aux fonctions ministérielles faisaient l’objet de vérifications préalables.
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Source : Hespress
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