mardi 3 novembre 2026
Revue de presse

Jeunesse, services publics et justice territoriale au cœur de la feuille de route gouvernementale

Présentant lundi 19 octobre devant le Parlement le programme du gouvernement pour la période 2026/31, Fatima Zahra El Mansouri a promis de concentrer les ressources de l’État sur des priorités…

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Jeunesse, services publics et justice territoriale au cœur de la feuille de route gouvernementale

Présentant lundi 19 octobre devant le Parlement le programme du gouvernement pour la période 2026/31, Fatima Zahra El Mansouri a promis de concentrer les ressources de l’État sur des priorités concrètes, de l’amélioration des services publics à la réduction des disparités territoriales. La cheffe du gouvernement a également annoncé une hausse des transferts financiers aux régions, qui devront atteindre au moins 12 milliards de dirhams à partir de 2027. Le point. 

Faire en sorte que les effets du développement se ressentent davantage dans la vie quotidienne des Marocains. C’est l’un des principaux engagements formulés par Fatima Zahra El Mansouri, lundi 19 octobre, devant les deux Chambres du Parlement, à l’occasion de la présentation du programme gouvernemental pour la période 2026-2031. Conformément à l’article 88 de la Constitution, cette présentation a permis à la cheffe du gouvernement de préciser les grandes orientations de l’exécutif, dans un contexte marqué par des attentes persistantes en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de qualité des services publics.

« Les fruits du progrès n’ont pas bénéficié équitablement à toutes les catégories sociales et à tous les territoires », a-t-elle reconnu, soulignant que l’emploi, le pouvoir d’achat, la qualité des services et la justice territoriale demeuraient au premier rang des préoccupations des citoyens.

Le gouvernement entend ainsi infléchir son action, en privilégiant les résultats concrets plutôt que la seule multiplication des dispositifs. « Nous voulons passer de l’élargissement de la couverture sociale à l’amélioration de la qualité des prestations, du volume des investissements à leur rendement, et de la multiplication des programmes à leur complémentarité et à leurs effets concrets », a déclaré Fatima Zahra El Mansouri.

Les cinq prochaines années doivent, selon elle, permettre de préserver les acquis, d’achever les grands chantiers et de corriger les dysfonctionnements, en orientant les ressources publiques vers des priorités dont les effets puissent être perceptibles dans le travail, les conditions de vie, l’éducation, la santé, le logement et le développement territorial.

La jeunesse comme fil conducteur

Le programme gouvernemental s’articule autour de sept priorités : la consolidation de l’État de droit et des institutions, la lutte contre la corruption et la rente, la préservation de l’identité et de la cohésion sociale, le renforcement de l’État social, l’insertion des jeunes et la souveraineté stratégique, le rayonnement international du Maroc et le développement d’une économie capable de financer ces ambitions.

La jeunesse occupe une place transversale dans cet ensemble. Le gouvernement prévoit notamment de mettre en place une stratégie nationale intégrée en sa faveur, fondée sur une gouvernance cohérente, globale et participative. L’objectif affiché est de garantir aux jeunes des droits clairement définis, un accompagnement adapté et un meilleur accès aux opportunités économiques.

Cette orientation doit se traduire par des mesures touchant plusieurs domaines : la participation politique et institutionnelle, l’amélioration de l’école publique, l’orientation et la formation professionnelle, ainsi que l’intégration des jeunes dans les secteurs émergents.

L’exécutif entend également favoriser le maintien des jeunes agriculteurs en milieu rural, leur accès aux marchés liés aux grands projets et aux chantiers de la Coupe du monde 2030, leur formation aux métiers du numérique et le retour des compétences marocaines établies à l’étranger. La réduction de l’émigration des diplômés de l’enseignement supérieur figure aussi parmi les objectifs annoncés.

© Mounir Mehimdate

Au-delà de la jeunesse, le programme prévoit de poursuivre les efforts en faveur de l’autonomisation économique des femmes, notamment par l’emploi décent, le soutien aux initiatives entrepreneuriales et l’indépendance financière. La lutte contre les violences faites aux femmes, l’amélioration de leur représentation dans les postes de décision et le renforcement de leur accès à l’éducation, à la santé et à la protection sociale, en particulier dans les zones rurales et parmi les catégories vulnérables, figurent également parmi les engagements présentés.

Un effort annoncé en faveur des régions

La réduction des disparités territoriales constitue un autre axe majeur du programme. Le gouvernement entend poursuivre la mise en œuvre de la régionalisation avancée, présentée comme un levier essentiel d’amélioration de la gouvernance territoriale.

Fatima Zahra El Mansouri a annoncé une augmentation des transferts financiers destinés aux régions, qui devront atteindre au moins 12 milliards de dirhams à partir de 2027. Cette hausse doit s’accompagner d’une redéfinition des compétences régionales, selon des principes de clarté et d’efficacité, ainsi que d’une meilleure organisation des mécanismes de mise en œuvre des projets à l’échelle territoriale, a-t-elle précisé.

L’enjeu est de renforcer les moyens d’action des collectivités régionales et leur autonomie financière, afin de donner davantage de portée aux politiques de développement menées au plus près des citoyens.

Le gouvernement prévoit parallèlement de consolider les acquis en matière de protection sociale, de santé, d’éducation, d’investissement, d’aides publiques, de logement, d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Il entend notamment corriger les difficultés rencontrées pour transformer les investissements en emplois et améliorer la qualité des services et l’équité dans leur accès.

Attirer les investissements dans un contexte international incertain

La cheffe du gouvernement a également inscrit les orientations de son programme dans un environnement international marqué par une instabilité accrue et une concurrence plus forte. Les tensions géopolitiques, la recomposition des routes commerciales et énergétiques, les politiques protectionnistes, les transformations liées au numérique et à l’intelligence artificielle, ainsi que les pressions du changement climatique sur les ressources en eau et la sécurité alimentaire, constituent autant de défis pour l’économie marocaine.

Le Royaume dispose néanmoins, selon elle, d’atouts susceptibles de soutenir son développement : sa proximité avec les marchés européens, son ancrage africain, sa façade atlantique, sa stabilité institutionnelle, ses infrastructures et sa base industrielle.

Le gouvernement entend s’appuyer sur ces avantages pour attirer de nouveaux investissements, développer les exportations et renforcer l’intégration du Maroc dans les secteurs émergents. L’ambition affichée est de poursuivre la transformation du pays en une puissance économique émergente, tout en veillant à ce que la croissance s’accompagne d’un renforcement de la justice sociale.

Cette stratégie doit s’inscrire dans le prolongement du Nouveau Modèle de développement et de l’ambition d’un Maroc à l’horizon 2035, fondée sur une économie productive, un capital humain qualifié, une inclusion plus large, un développement territorial durable et un État efficace, capable de libérer les énergies tout en protégeant l’intérêt général, a-t-elle affirmé.

© Mounir Mehimdate

État de droit et réformes institutionnelles

Le programme accorde par ailleurs une place importante à la consolidation de l’État de droit, au renforcement de la démocratie et à la promotion des droits humains. Fatima Zahra El Mansouri a présenté ces objectifs comme des conditions essentielles au rétablissement de la confiance dans l’action publique et dans la vie politique.

Le gouvernement prévoit notamment de moderniser la justice pour en faciliter l’accès et renforcer la sécurité juridique. Il entend également poursuivre les réformes législatives et institutionnelles relatives aux droits humains, intégrer davantage cette dimension dans les politiques publiques et garantir l’exercice effectif des droits et des libertés.

Sur le plan politique, la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une coopération avec le Parlement, dans le respect de ses prérogatives législatives, de contrôle et d’évaluation. Elle a également plaidé pour un dialogue constructif avec l’opposition et un renforcement de la participation citoyenne.

Le programme s’inscrit, selon elle, dans la continuité du processus de réformes engagé sous le règne de Mohammed VI, dont elle a rappelé les principaux jalons : la Constitution de 2011, le renforcement des institutions, l’indépendance de la justice, la parité, la participation citoyenne et la régionalisation avancée.

Sur les questions de souveraineté, le gouvernement a réaffirmé son attachement à l’intégrité territoriale du Royaume et à l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine, tout en annonçant la poursuite du développement des provinces du Sud. Il a également réitéré la position du Maroc sur la question palestinienne et Al-Qods Acharif, ainsi que son soutien à une solution à deux États permettant de parvenir à une paix juste et durable.

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Source : Hespress

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Par Veille Infos Casa

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