mardi 3 novembre 2026
Revue de presse

El Mansouri promet la rupture et durcit le ton sur la corruption

Une majorité de convictions plutôt que de calculette, un gouvernement neuf plutôt que rafistolé, un accent défendu face à la présidente du groupe Haraki, et une pique pour ceux qui…

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El Mansouri promet la rupture et durcit le ton sur la corruption

Une majorité de convictions plutôt que de calculette, un gouvernement neuf plutôt que rafistolé, un accent défendu face à la présidente du groupe Haraki, et une pique pour ceux qui font la leçon après dix ans de pouvoir. Fatima Ezzahra El Mansouri a aussi comparé la corruption à un cancer qui frappe la société.

Les échanges avec le Parti de la justice et du développement (PJD) n’avaient pas épuisé l’envie de croiser le fer. Au fil de ses réponses aux groupes parlementaires, la Cheffe du gouvernement a poursuivi sur le même terrain, avec une réplique inattendue à Rim Chabat, présidente du groupe Haraki, venue lui chercher querelle sur sa façon de parler. Entre deux saillies, elle s’est expliquée sur l’essentiel : avec qui elle gouverne, pour quoi faire, et en rupture avec quoi. Elle récuse les majorités bâties à la règle à calcul, revendique la continuité des chantiers royaux tout en promettant un changement de trajectoire, et suggère à ceux qui lui font la morale de relire leur propre bilan. Elle a aussi pris le temps de défendre, nom par nom, ses choix pour l’école, la santé et l’agriculture.

Une majorité qui ne se compte pas, dit-elle

Sur la nature de ses alliances, El Mansouri a tenu à marquer sa différence. La majorité qu’elle veut, a-t-elle expliqué, doit reposer sur des références communes, non sur un simple décompte de sièges. « Nous la voulons fondée sur des repères, pas sur des chiffres », a-t-elle résumé, en décrivant un rapprochement des programmes électoraux plutôt qu’une addition de sièges. Elle a affirmé avoir échangé avec la gauche, qui l’a traitée avec respect, et promis de s’asseoir avec tout le monde, y compris le PJD, dont elle a salué une position exprimée avec respect.

« Pas un remaniement, un gouvernement neuf »

Hors de question, pour elle, de parler de remaniement. Ce qu’elle présente est un gouvernement neuf, porté par une ambition renouvelée, et non un ravalement de façade. Elle a regretté que certains confondent encore le programme gouvernemental, la déclaration gouvernementale et la loi de finances.

Rim Chabat, la « hamza » et Marrakech

Le passage le plus inattendu de la séance n’avait rien de budgétaire. Rim Chabat, présidente du groupe Haraki, avait critiqué la manière de parler de la Cheffe du gouvernement et son accent pendant son intervention devant les députés. La réponse est venue, directe. « Les Marocains n’ont pas voté pour moi pour que je prononce la hamza ou que je ne la prononce pas, ils ont voté pour que je réponde à leurs attentes », a lancé El Mansouri. Puis, pour rappeler que la prononciation varie d’une région à l’autre, elle a ajouté : « chez nous, à Marrakech, on ne dit pas “Chaïmaa”, on dit “Chaïma”. » Une leçon de phonétique régionale en pleine discussion du programme gouvernemental, où la hamza, ce coup de glotte en fin de prénom, aura fait son entrée dans l’hémicycle.

Éducation, santé, viandes : des noms pour répondre aux critiques

Aux critiques sur la gestion des secteurs sociaux, la Cheffe du gouvernement a répondu en citant des noms. L’école ? Les Marocains s’en plaignaient, a-t-elle rappelé, et son camp y a installé « un homme politique », Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), nommé le 16 octobre à la tête de l’Éducation nationale. La santé ? Elle a pris la défense de Youns Bjijou, ministre de la Santé et de la Protection sociale, qu’on a, selon elle, accusé (de conflit d’intérêts) sans la moindre preuve. Les prix ? Le soutien public, a-t-elle estimé, n’a produit aucun effet, en particulier sur les viandes. D’où l’arrivée de Khalid Hatimy à la tête de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire.

Chantiers royaux : la continuité, et une divergence de méthode

Sur le terrain stratégique, elle a voulu rassurer : la continuité est bien là, a-t-elle assuré, dans les chantiers lancés sous l’impulsion royale. Gouverner, selon elle, c’est avoir une vision puis la traduire en actes. Avec le Rassemblement national des indépendants (RNI), a-t-elle reconnu, les visions se recoupent, même si leur mise en œuvre donne lieu à des discussions. Elle a surtout relevé une divergence de fond avec l’ancien parti au pouvoir : il faut, a-t-elle plaidé, s’asseoir avec l’opposition sur les grandes questions nationales.

Marocain du monde : « un être humain » avant tout

C’est sur la diaspora que la formule a été la plus nette. Là où d’autres voient dans le Marocain du monde une opportunité économique, a-t-elle déclaré, elle voit un être humain, une identité, des droits et des devoirs. Elle a ajouté, en visant le RNI, qu’à ses yeux les Marocains résidant à l’étranger ne sont pas une source de revenus.

Corruption : un mal qu’elle compare à un cancer

Dernier thème abordé, la corruption. Les élections, a-t-elle affirmé, n’avaient qu’un but : provoquer une rupture et changer de trajectoire. La corruption, a-t-elle déclaré, frappe la société « comme un cancer », et le citoyen en souffre dès qu’il doit demander le moindre document. Sur l’enrichissement illicite, elle s’est dite convaincue de pouvoir faire aboutir le dossier, assurant qu’il ne rencontrerait « aucune opposition ».

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Source : Hespress

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Par Veille Infos Casa

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