Près de 2,9 millions de jeunes vivent hors de tout parcours d’études, de formation ou d’emploi, et près de trois jeunes sur dix de 15 à 24 ans sont au chômage. Face à ce constat, la Cheffe du gouvernement a présenté un programme national qui combine formation, première expérience en entreprise, appui aux employeurs et aide à la mobilité, avec 2027 pour point de départ.
Lors de la séance plénière commune des deux Chambres du Parlement, ce lundi 19 octobre, Fatima-Zahra El Mansouri a consacré le cinquième axe de son programme 2026-2031 à l’intégration des jeunes dans l’éducation, la formation et l’emploi décent. Ce choix prolonge le discours royal d’ouverture de la session parlementaire, où le Souverain a demandé que la jeunesse soit placée en tête des politiques publiques. La Cheffe du gouvernement a d’ailleurs précisé que le sujet ne se limite pas à cet axe : il traverse les sept priorités du programme, de la participation politique à l’école publique, de la formation professionnelle aux métiers du numérique.
Trois chiffres, un programme national
Le diagnostic tient en trois données : 2,9 millions de jeunes de 15 à 29 ans en dehors de l’école, de la formation et de l’emploi ; un taux de chômage de 29,2 % chez les 15-24 ans ; environ 300 000 élèves qui quittent chaque année le système scolaire sans qualification. La Cheffe du gouvernement y voit la preuve qu’il faut une politique d’ensemble, capable d’accompagner les jeunes jusqu’à leur stabilité économique et sociale.
La réponse prendra la forme d’un programme national, lancé en 2027 avec un accompagnement social à l’échelle des territoires, en application des orientations royales. Il doit permettre de former chaque année 100 000 jeunes selon les besoins des entreprises, et d’offrir à 100 000 autres une première expérience professionnelle. La capacité de formation montera ensuite par paliers, jusqu’à 150 000 à 200 000 bénéficiaires par an.
En amont, le programme gouvernemental fixe un objectif de « zéro abandon scolaire » à l’horizon 2030 : repérage précoce des élèves menacés de décrochage, suivi individuel de leur parcours et orientation de chacun de ceux qui quittent l’école vers une solution adaptée, qu’il s’agisse d’un retour en classe, de la formation professionnelle ou de la formation par apprentissage.

Entreprises, mobilité et transversalité
Le dispositif cible aussi ceux qui sont censés recruter. Le gouvernement s’engage à accompagner 60 000 entreprises pour assurer leur développement et leur pérennité : incubation, facilitation du financement, garanties, accès aux marchés et à la commande publique.
La mobilité forme l’autre volet. Des accords avec les pays qui manquent de main-d’œuvre dans certains métiers doivent ouvrir des voies de migration légale. À l’intérieur du pays, un passeport de la mobilité professionnelle sera activé pour soutenir les jeunes qui décrochent un emploi loin de leur lieu de résidence, avec un programme de logements locatifs à prix adaptés.
Au-delà de cet axe, la Cheffe du gouvernement a annoncé une stratégie nationale intégrée pour la jeunesse, fondée sur une gouvernance cohérente et participative et sur un cadre institutionnel renforcé, afin de garantir aux jeunes des droits clairs, un accompagnement et un accès aux opportunités économiques. Le programme y rattache leur présence dans les marchés des grands projets et des chantiers de la Coupe du monde 2030, leur formation aux métiers du numérique, le maintien des jeunes agriculteurs en milieu rural et le retour des compétences, pour freiner l’exode des diplômés du supérieur.
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Source : Hespress
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