L’expiration du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) ouvre une nouvelle phase, marquée par la disparition de son dispositif opérationnel sur le terrain. Mercredi, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a confirmé que la mission se consacrait désormais exclusivement à son retrait, sans qu’aucun mécanisme onusien ne soit prévu pour prendre le relais de ses activités de surveillance.
Lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU, à New York, le responsable a précisé que la MINURSO avait cessé toute activité opérationnelle depuis minuit, le 31 octobre. Sa mission se limite désormais à organiser son départ et à mettre un terme à sa présence sur le terrain.
L’absence de dispositif de remplacement constitue l’un des principaux enjeux de cette nouvelle situation. Interrogé sur l’identité de l’entité chargée de vérifier le respect du cessez-le-feu après le départ de la mission, Jean-Pierre Lacroix a répondu sans ambiguïté : « Il n’existe aucun mécanisme de vérification ».Une déclaration qui confirme officiellement qu’aucune structure onusienne alternative n’est appelée à assurer la surveillance du terrain jusque-là exercée par la MINURSO.
Le retrait implique également l’évacuation de l’ensemble des installations de la mission, y compris celles situées à l’est du mur de sable. Les personnels et les équipements des Nations unies doivent être rapatriés, tandis que les modalités de gestion du matériel restent à déterminer. Cette opération relève du Département de l’appui opérationnel de l’ONU, chargé d’en superviser le déroulement.
Sur le calendrier, Jean-Pierre Lacroix a avancé une estimation d’« environ deux mois » pour achever le processus. Il a toutefois insisté sur le caractère indicatif de cette échéance, précisant que la durée effective dépendrait de l’avancement des opérations de liquidation, des contraintes logistiques et des conditions sur le terrain.
Cette clarification intervient dans un contexte institutionnel particulier. Elle ne découle pas d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité et ne constitue ni une prolongation du mandat de la MINURSO ni une modification officielle de ses attributions. Elle vise uniquement à préciser les conséquences pratiques de l’expiration de son mandat, après l’échec du Conseil de sécurité, le 30 octobre 2026, à adopter deux projets de résolution portant sur l’avenir de la mission.
Au-delà des modalités logistiques, les déclarations du responsable onusien confirment la portée de cette évolution : il ne s’agit pas d’une réduction progressive ou partielle de la mission, mais de la cessation complète de ses activités opérationnelles et de l’évacuation de ses installations. Le départ de la MINURSO s’effectuera ainsi sans qu’un mécanisme des Nations unies soit mis en place pour surveiller le cessez-le-feu ou vérifier les évolutions de la situation sur le terrain.
Il convient de rappeler que le 30 octobre, à l’issue de la séance de vote au Conseil de sécurité de l’ONU, marquée par un veto russe contre la résolution portée par les Etats-Unis, pen holder, le Maroc a exprimé sa satisfaction de la non reconduction du mandat de la Minurso qui tourne une page de 35 ans. Il a également assuré demeurer fermement attaché au strict respect du cessez-le-feu et de son intégrité territoriale, indique un communiqué du Cabinet Royal.
« Le mandat de la Minurso n’a pas été reconduit par le Conseil de sécurité des Nations Unies lors de sa réunion de ce jour, 30 octobre 2026. Il s’agit d’une évolution importante et d’un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations Unies. Ce développement majeur coïncide avec la célébration de la fête de l’Unité, décrétée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, pour incarner la rupture dans la gestion de ce dossier, passant d’une simple logique de gestion à une approche de transformation profonde des paramètres », peut-on lire dans le communiqué du Cabinet royal.
Tout en marquant sa satisfaction de cette évolution, la même source a précisé que « le Maroc demeure fermement attaché au cessez-le-feu, dans le strict respect de son intégrité territoriale, de sa sécurité nationale et de la quiétude de ses citoyens ».
Quelques jours après, soit le mercredi 4 novembre, le Roi Mohammed VI, a présidé une séance de travail consacrée à la fin de mandat de la Minurso.
« Cette séance s’inscrit dans le cadre de l’Attention particulière que Sa Majesté le Roi, que Dieu Le préserve, n’a eu de cesse d’accorder à la cause de notre intégrité territoriale et de notre souveraineté nationale, illustrant ainsi Sa démarche sage, Sa vision clairvoyante et Son souci constant à sauvegarder les intérêts de Ses sujets au Sahara marocain », a précisé un communiqué du Cabinet royal.
Dans ce cadre, le Roi a donné ses hautes instructions pour la mise en œuvre ferme et vigilante de ces priorités, chacun selon son champ de compétences, à même de consolider le consensus national et de garantir la poursuite du projet de développement des provinces du Sud et des projets structurants y afférents, tout en veillant au suivi de tous les développements que connaîtra le dossier de notre cause nationale, à tous les niveaux, et conformément à la position officielle exprimée antérieurement.
Tout cela en rappelant l’attachement ferme du Royaume au cessez-le-feu, un engagement volontariste qui ne changera pas avec la fin du mandat de la mission des Nations Unies qui a été incapable, à plusieurs reprises, de surveiller son respect et d’établir les effets qui découlent de sa violation. De même, a souligné la même source, le contexte de la création de cette mission et les fonctions initiales qui lui ont été confiées ont été dépassés, comme l’attestent les faits et les positions des acteurs internationaux.
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Source : Hespress
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