Le Maroc a accueilli 15,7 millions de touristes et visiteurs au cours des neuf premiers mois de 2026, soit une hausse de 5 % sur un an. Dans le même temps, les recettes voyages ont progressé de 9,7 % à fin août, confirmant la dynamique positive du secteur, même si le rythme de croissance tend à ralentir.
La destination Maroc poursuit sa progression. Selon les données officielles du ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, 15,7 millions de touristes et visiteurs ont été enregistrés entre janvier et septembre 2026, soit plus de 717.000 arrivées supplémentaires par rapport à la même période de 2025.
Sur le plan financier, les recettes voyages ont atteint 97,9 milliards de dirhams à fin août, en hausse de 9,7 % sur un an, selon les derniers indicateurs de l’Office des changes.
Ces chiffres témoignent d’une poursuite de la tendance haussière du tourisme marocain. Ils mettent également en évidence un enjeu de plus en plus important à l’approche de 2030 : au-delà du nombre de visiteurs, le Maroc cherche désormais à accroître la valeur économique générée par chaque arrivée.
Septembre confirme la dynamique
Le mois de septembre s’est particulièrement distingué. Plus de 1,5 million de touristes ont visité le Maroc durant ce mois, soit une progression de 8 % sur un an.
Cette performance dépasse la moyenne enregistrée au cours des neuf premiers mois de l’année et traduit, selon les données officielles, la capacité de la destination marocaine à maintenir son attractivité au-delà des périodes traditionnellement considérées comme les plus fortes.
La ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, estime ainsi que l’objectif de 26 millions de touristes à l’horizon 2030 est désormais plus proche que jamais. Le prochain défi consiste, selon elle, à transformer cette croissance en davantage de valeur ajoutée, d’emplois et de retombées économiques dans les différentes régions du Royaume.
Les recettes progressent plus rapidement que les arrivées
Les données de l’Office des changes montrent également une progression soutenue des recettes. Celles-ci ont augmenté de 8,7 milliards de dirhams, passant de 89,2 milliards à fin août 2025 à 97,9 milliards à la même période de 2026.
Dans le même temps, les dépenses voyages ont progressé de 6,6 %, pour atteindre 23,3 milliards de dirhams. Le solde du poste voyages s’est ainsi établi à 74,6 milliards de dirhams, en hausse de 10,8 %, soit 7,2 milliards de dirhams supplémentaires.
La progression des recettes, de 9,7 %, apparaît donc supérieure à celle du nombre de visiteurs, qui atteint 5 %. Cette comparaison doit toutefois être nuancée puisque les deux indicateurs ne portent pas sur la même période : les arrivées sont mesurées jusqu’à fin septembre, tandis que les recettes disponibles s’arrêtent à fin août.
Il s’agit donc davantage d’un indicateur général de tendance que d’une mesure précise de la dépense moyenne par touriste.
L’automne, une période stratégique
La période automnale constitue également un atout pour la destination Maroc. Entre septembre et novembre, les températures plus douces et une fréquentation moins élevée que durant les pics estivaux favorisent la diversification de l’offre touristique.
Les destinations combinant climat agréable, patrimoine historique, tourisme de montagne, écotourisme et expériences dans le désert continuent notamment de bénéficier de cette période.
La demande intérieure participe également à cette dynamique. Selon des professionnels cités par Hespress, l’automne constitue notamment une période importante pour le tourisme de montagne, avec des taux de remplissage qui avaient atteint environ 60 % dans les établissements de montagne et 95 % à Marrakech en octobre 2025.
Une croissance qui appelle toutefois à la prudence
Malgré ces indicateurs positifs, la progression du secteur mérite d’être analysée avec prudence. Le rythme de croissance des recettes tend notamment à ralentir.
En 2025, les recettes voyages avaient progressé de 14,6 %, passant de 77,8 à 89,2 milliards de dirhams entre janvier et août. En 2026, leur hausse atteint 9,7 %. La tendance reste donc positive, mais la comparaison s’effectue désormais sur une base plus élevée, ce qui rend le maintien de taux de croissance très importants plus difficile.
Une autre donnée concerne la contribution du secteur touristique à l’équilibre des échanges extérieurs. Malgré l’élargissement du solde voyages, sa capacité à couvrir le déficit commercial des marchandises est passée d’environ 30 % à 26 %.
Le déficit commercial a en effet atteint 282,6 milliards de dirhams, en hausse de 25,4 %, sous l’effet notamment de la progression des importations (+15,8 %) et de la facture énergétique (+32,6 %).
Le dernier trimestre sera déterminant
Les données disponibles ne traduisent donc pas de retournement de tendance : les arrivées progressent, septembre affiche une performance supérieure à la moyenne et les recettes comme le solde voyages continuent de s’améliorer.
La dynamique apparaît toutefois davantage comme une consolidation accompagnée d’un ralentissement progressif que comme une accélération continue.
Les chiffres d’octobre, novembre et de la période des fêtes de fin d’année permettront de déterminer si la bonne performance enregistrée en septembre se confirme.
À l’approche de 2030, le défi du tourisme marocain ne se limite ainsi plus à attirer davantage de visiteurs. Il s’agit également de convertir cette fréquentation en recettes, emplois et développement économique pour les différentes régions du Royaume.
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Source : Hespress
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